juin 062013
 

Question :
j’ai une question à laquelle aucun pédagogue ne répond dans les ouvrages comme Parramon.
Vous parlez de 3 tons sur une petite vidéo. J’en parle aussi car c’est pour moi la règle de trois, pour monter une proposition. C’est le secret de la lumière et il y a des peintres très forts pour ça.
Alors pour monter un ton, j’imagine que l’on va employer un blanc, mais pour le descendre en ombré, quel teinte allez vous choisir?
Ou bien faut il un nuancier?
Délicate question. personnellement par rapport à ma gamme, les froids, je les monte au bleu de prusse et les chauds, à la terre d’ombre brulée.
Mais y a il une règle?

Réponse :
Si on ne trouve rien d’objectif dans les livres, cela ne veut pas dire qu’aucune règle ou technique n’est utilisée. Peut-être, simplement, qu’on ne peut pas tout dire dans les livres. Il existe un bon ouvrage, que j’ai à mon atelier, qui s’intitule « Mieux peindre à l’huile ». On y parle de sujets généralement pas ou peu traités dans les autres livres.

Pour répondre à votre question, en tenant compte que depuis les impressionnistes, nous n’utilisons plus le noir, lorsque je dois foncer une couleur, j’utilise ce raisonnement.
Une ombre doit être aussi foncée que la lumière est forte.
Un ombre, reçoit toujours de la lumière qui réfléchit sur les surfaces environnantes, et plus ces surfaces sont claires, plus l’ombre en reçoit.
Si la lumière est chaude, l’ombre est froide et vice-versa.
Selon cette théorie, j’utilise la couleurs locale du sujet, mais plus foncée :
Pour un blanc -> du gris, pour du jaune -> de l’orange ou de l’ocre, pour un rouge -> un rouge plus foncé, un brun ou un violet, pour un brun -> un brun plus foncé, etc..
Je commence avec une couleur pure, puisqu’elle va être ensuite mélangée. Je cherche celle qui représente le mieux la couleur du sujet, mais en plus foncé. J’y ajoute, par mélange sur la palette, mais aussi directement sur la toile, pour conserver une certaine modulation, les couleurs décrites plus haut pour refroidir (du bleu) ou réchauffer (du brun) l’ombre, et une couleur un peu plus pâle pour représenter le reflet de la surface environnante. EN général, j’utilise la couleur de cette surface.

Bien des artistes utilisent encore le noir de Mars, qui est un mélange donnant un noir rougeâtre.
Le gris de Payne est aussi très utilisé. Il est très foncé et bleuté.
Personnellement, pour les parties les plus noirs d’un tableau, j’utilise un mélange de 2 couleurs foncées et complémentaires.
Bleu outremer ou bleu cobalt avec de terre d’ombre brûlée ou du terre de Sienne brûlée
Vert émeraude avec rouge carmin ou Cramoisi d’Alizarine.
Bleu Phtalocianine avec rouge cadmium foncé.

Mais il est vrai que plus on utilise du noir et plus la couleur rabattue est terne. Parfois, il vaut mieux une couleur très foncée (violet, marron, vert) que du noir.
Tout dépend de l’harmonie colorée du tableau, de la dominante, de la couleur de la lumière, etc..
Il est donc très difficile, voire impossible de dire quelle est la meilleure couleur pour foncer les ombres dans un tableau.
Du même fait, il n’est pas toujours judicieux d’utiliser le blanc pour éclaircir une couleur. Mais là c’est encore tout un chapitre.